Samedi 19 Septembre 2009, Gabriel Beaucourt.

"A partir de quand peut-on dire de quelqu'un qu'il est fou?
Je ne me considère pas comme un être différent, je suis le cliché même du jeune dandy parisien plein au as. Je n'ai rien de plus que tout ces mecs que vous croisez chaque jours dans la rue. "Fils et filles de", nous somme tous les mêmes gosses paumés, cokés jusqu'à l'os, qui multiplient les conneries en tout genre, prétendant réclamer un peu d'attention de papa-maman, papa-maman qui vous enverront dans un énième centre de désintox, faire une énième cure, une énième thérapie afin de trouver la cause de cette dépression, de cette addiction à la poudre qui nous fait "tant de mal". Et ils finiront par la trouver l'explication, oui: Troubles de la personnalité, bipolaires, dissociatifs, anxieux... Ils vont chercher bien compliqué. Non, si notre génération préfère se vautrer dans la fainéantise, la luxure et la drogue, c'est qu'elle s'ennuie. Tout le problème de notre société est là: L'ENNUI. On se fait chier à aller en classe écouter de vieux profs, aussi dégoutés que nous de leurs présence dans le lycée, déblatérer un cours qu'ils lisent depuis des années et des années. Pas un mot ne change, toujours la même formule, seul le ton évolue: de plus en plus morne, de moins en moins enthousiaste. On se fait chier à se promener dans la rue, voir toujours les mêmes affiches de publicité géantes, voir les même films où tout n'est qu'amour et eau fraiche, on s'ennuie de l'hypocrisie qui peint nos visages "heureux", on s'ennuie de la voix de ce connard de journaliste qui annonce qu'une bombe vient encore d'exploser en Irak ou je n'sais quel autre pays en guerre.... On s'ennuie du système, de la société, de la façon dont l'humain a d'évoluer.
J'ai juste eu beaucoup de chance de naitre dans une famille pété de tunes. L'argent est le fil conducteur de la vie, je me demande vraiment comment font les pauvres pour survivre. Survivre sur le plan mental je veux dire, comment font-ils pour se crever chaque jour à la tache tout en sachant que de toute façon, à la fin du mois il n'auront rien de plus que ce qu'ils possèdent déjà? D'une façon quelque peu paradoxale, cela me fait penser à la philosophie platonicienne: Toute sa vie, se détacher de son corps et de ce qu'il réclame pour tenter d'atteindre la sagesse qu'ils sont conscient de ne pouvoir obtenir qu'après la mort (et encore, il ne sont pas certain de la trouver après la mort, faudrait demander à Orphée). C'est à dire que ce grand couillon de Platon s'est priver de bouffer, se souler au vin, et se jeter dans les orgies auxquels tout ses contemporains participer pour atteindre une pseudo-sagesse, et résider sur le mont Olympe après 81 années d'une vie misérable.
La sagesse, au même titre que le bonheur, n'est qu'une utopie, un fantasme.
Pauvre Platon, s'il avait sû..."

# Posted on Saturday, 19 September 2009 at 4:20 PM

Edited on Wednesday, 04 November 2009 at 4:56 PM

Mercredi 4 Novembre 2009, Gabriel Beaucourt.

"Ne me jugez pas mes bons amis, je ne suis pas plus fou que vous ou lui. La folie est tout de même une des caractéristiques principale du climat actuel, encore une fois, je ne suis pas une exception. Je suis le jeune homme dans toute sa splendeur, ce que vous avez été, mais ne serait jamais plus.
Mais ne m'enviez pas trop non plus. J'ai beau être aussi riche que Crésus, intelligent que Platon, et beau qu'Apollon, je n'en reste pas moins un humain, et je porte (tout comme vous) le poids de cette malédiction.
Nous ne sommes pas forcément conscient de la cruauté de notre situation. Il y a longtemps que j'en entendais parler sans réellement y croire. Tant que vous n'êtes pas mis au pied du mur, tant que vous n'avez pas personnellement connu l'horreur, la Souffrance, vous ne savez pas. Peu de gens savent, peu de gens veulent savoir. Oh et puis pourquoi vouloir connaitre la tristesse dans son état le plus pur, pourquoi vouloir atteindre la lucidité? La nature humaine ne peut vivre que dans l'Illusion, celle qui vous berce, vous fait rêver, vous fait croire en une réalité qui n'est pas la notre.

Je viens de passer une journée véritablement merveilleuse. Il pleut aujourd'hui, et je raffole de la pluie. Admirer le spectacle de ces grosse gouttes d'eau qui s'abattent impitoyablement, mais avec finesse sur le macadam reste un de mes passes-temps favoris. Je me suis donc assis à la terrasse de ce charmant bar que je fréquente depuis bientôt deux ans. Je lui ai toujours trouver un charme particulier, sans aucune clientèle, des fauteuils en cuir miteux, une odeur de poussière rose, encore éclairés à la lampe à pétrole... Complètement en ruine, il a certainement connu de beaux jours. Dans le fond, il me ressemble un peu ce bar.
Donc, je me suis assis à la terrasse du "Gold" (même son nom est pathétique), sous un de ses stores extérieur. J'ai lu, face à la non moins ex-majestueuse Seine, ce bouquin merveilleux que je lis et relis lors de ces exceptionnelles journées pluvieuses, "Lettres à un jeune poète" de Rainer Maria Rilke. Dopé au café et au Bourbon j'y ai passé la plus grande partie de ma journée, seul avec le Charlie, le patron maigrillot et moustachu qui passe la plupart de son temps à essuyer des verres éternellement sales. Je n'ai jamais entendue le son de sa voix, nous n'avons jamais échanger aucun regards complices ou quoi que ce soit d'autres, et pourtant c'est la personne dont je me sens le plus proche en ce mercredi 4 Novembre 2009.
Je suis seul. C'est un fait, je ne m'en plains pas. J'ai l'impression d'être un de ces vieux retraités, dont tout les proches sont morts de vieillesse, dont les seuls occupations consistent à jardiner, faire les mots croisés de son journal, et jouer au tiercé le dimanche matin. J'ai l'impression d'être un de ces vieux qui se remémore l'époque où ils étaient jeunes et beaux, où les minettes leur couraient après, lorsqu'ils rencontrèrent la femme qui aller changer leur vie à jamais. Puis ils se souviennent de la naissance des gosses, de leur enfance, du travail qui les épuisaient, mais ils étaient heureux, malgrès leur plaintes et grognements, ils étaient heureux. Je suis de ces vieux qui chérissent leurs souvenirs, qui les rencontrent affectueusement dans le bouillon de leur mémoire, qui embellit les choses, les rendant de toute façon moins laides que l'instant présent. Je suis comme eux, ne faisant qu'attendre l'inévitable, n'ayant d'autre choix que de vivre et revivre éternellement les bon moment du passé.
Je suis sur le chemin de la mort. J'ai vingt-quatre ans."

# Posted on Sunday, 04 October 2009 at 2:16 PM

Edited on Wednesday, 04 November 2009 at 4:56 PM

Mardi 8 Novembre 2009, Gabriel Beaucourt.

"Je me rends compte avec étonnement que je ne vous ai toujours pas parler d'Alice. Ce qui était pourtant mon but premier en publiant mes écrits. Je ne comprends pas ce mutisme, ce besoin d'en parler qui ne se manifeste pas. J'aimerai vous décrire sa beauté si particulière, nos ébats amoureux si violemment passionnés, et cette fin tragique qui la qualifie tant. On s'est détruit mutuellement. C'était la pire des salopes que j'ai connue, la plus pure aussi. Et c'était bien là le problème.
J'ai rencontrer une autre fille aujourd'hui, et je lui ai fais l'amour. Du moins j'ai essayer. J'ai échouer évidemment, et j'ai fini par la baiser dans les toilettes publique du jardin des tuileries. Elle s'appelle Julie. Elle est magnifique et a cette allure des catins du début du siècle dernier, diablement charmante et bien habillée, mais d'une vulgarité...Banale. Julie est très gentille, et a l'air d'une fille intelligente (ou en tout cas, dans la moyenne). Elle aime le rock et le pop'art, comme toute les minettes de sa génération. Elle vit pour et à travers le Beatles et autres groupes de chanteurs morts en pleine gloire, et trouve la nouvelle génération de bébés rockeurs parisienne "totalement tendance". Julie est un cliché. Forte agréable, bonne à baiser, mais un cliché quand même, et malgrès mon statut complètement stéréotypé également, je me refuse encore à ce genre de filles. J'ai garder un minimum d'amour propre.
J'ai rencontrer des tas et des tas de "Julie" ces derniers temps. A chacune d'entre elles j'espérais retrouver Alice, ou ne serait-ce qu'une pale copie. Mais jamais encore je n'ai trouver de ressemblance avec la moindre d'entre elles.
Alice étais le meilleur coup que je n'ai jamais tirer. Diablement gourmande, elle n'était jamais rassasiée. Elle avait ce don de ne jamais paraitre vulgaire, même à quatre pattes, la bouche ouverte quémandant mon sexe. Elle était fine et gracieuse, avec une gueule de petite vierge effarouchée. Je trouvais ça malsain de coucher avec une gamine qui avait l'allure d'une fillette de douze ans. Et ça me faisait bander encore plus. Je suis infiniment pervers, et je crois bien que ça lui plaisait. Et de toute façon, elle était bien pire que moi, bien pire que vous.
Je ne pense pas retrouver un jour une Alice, et Dieu sait que j'en ai envie. Quel hypocrite l'homme qui après la perte de sa femme promets de ne jamais retomber amoureux! Non, s'il respecte sa promesse c'est juste parce qu'il ne trouve pas mieux que sa chère décédée. Faut pas rêver, si l'on trouve mieux il n'y a aucune raison de laisser passer sa chance. Mais je sais que je ne trouverais jamais mieux qu'Alice, ou même à sa hauteur, j'en suis certain car personne d'autre au monde ne me ressemblait plus qu'elle. C'était moi, au féminin. Je suis tomber amoureux de mon reflet, appelez moi Narcisse.
Je ne m'en veux même pas, de l'avoir transformer en un tel déchet, de l'avoir rendu à mon image, de l'avoir détruite, de l'avoir rendue malheureuse à ce point. J'aimerai m'en vouloir, mais non, elle m'a rendu heureux, c'est tout ce qui m'importe. Oui, je suis égoïste. J'ai connu le bonheur intense, l'exquise jouissance de détruire un être, et d'en tirer un plaisir infinie. "Chaque homme tue la chose qu'il aime le plus au monde" a dit un grand homme, ma chose à moi c'est Alice."

# Posted on Wednesday, 11 November 2009 at 5:27 PM

Edited on Tuesday, 08 December 2009 at 3:57 PM